Kezako Motercalo
Ça ne vous fait penser à rien,
Motercalo ?
Quartier de
Motercalo
L'histoire suivante relate un côté burlesque de ce quartier.
En effet, Marshmallow, talentueux écrivain à ses heures perdues va
créer le personnage de Motercalo,
personnage dégingandé sans moustache, personnage inspiré directement de
son garde du corps, silhouette qui deviendra familière à certains
nostalgiques avec son habit bleu marine, sa chevelure hirsute, ses
chaussettes rayées et ses chaussures de tennis, auxquels s'ajoutera
assez régulièrement une paire de palme. Motercalo est entré dans notre
paysage visuel à bord de sa trotinette pétaradante et n'en sortira plus
de ci-tôt.
Dans cette première nouvelle retraçant les vacances de Motercalo
dans son quartier, on partage avec cet ami extravagant deux semaines de
vacances sur une plage motercalonne proche des égouts, où nous le
voyons semer le trouble par ses tribulations maladroites, ses bêtes
fantaisies, ses manières d'hurluberlu parmi la clientèle du saloon
miteux où il séjourne, avec un irrésistible sourire.
Marshmallow a su saisir le rite des garde du corps et les attitudes
burlesques dans la plus grande classe, à l'heure où ce quartier sort de
l'ère de la consommation de masse. De cette observation va naître une
prose du quotidien profondément idiote, mais servie par une petite
liberté d'écriture qui préfigure déjà ce que sera, quelques siècles
plus tard, ce quartier de Motercalo. Motercalo, le costaud, le
pessimiste, le tueur de crevettes, l'incorrigible séducteur de ces
dames affirme son individualité à l'égard d'un quartier dont le
conformisme est décapé sans grande méchanceté par des nouvelles
inénarrables.
Aux vacances de Motercalo succède la narration des aventures de Motercalo,
écrit en crayon de couleurs. Motercalo habite alors un égout
tarabiscotée dans la banlieue motercalonne en pleine destruction,
envahie de grues et de pétasses dans un bruit presque assourdissant.
Célibataire, il est très attaché à son cerveau et va donc éviter de
cotoyer la gente féminine. Motercalo doit souvent se rendre au
petit coin et ne se plait pas à devoir passer devant certaines dames.
Par un jour inhabituel, celui des semaines vagues de Motercalo, il eut
une grande inspiration doté d'une certaines imagination pour les
aborder. Pour les demoiselles, c'est tout bonnement l'apparition d'un
monstre sacré où l'on s'accorde quelques permissions malsaines et
quelques débordements dont on en revient avec les mains sales et les
genoux écorchés, au grand dam des chiens herrants.
En ces temps, Motercalo est à
l'orée de ce que l'on appellera la cité de la Grande Folle.
Aussi, pour créer un habitat plus conforme aux normes exigées par
la vie des citoyens, commence-t-on à raser les têtes insalubres. Au
conformisme de la médiocrité s'oppose la prose des demoiselles
débraillées, des bulldogs errants et du petit peuple du quartier
Motercalo. Du progrès, Motercalo prévoyait en visionnaire effarouché
les conséquences déshumanisantes
et affirmait par lui-même son
inadaptation à une modernité sans honte, dont la jeunesse féminine est
la première à souffrir en ces temps. Le narrateur défendait ainsi une
belle idée d'un bonheur tranquille, fondé sur des relations
harmonieuses et faisait, pour nous en convaincre, exister un
univers conforme au rythme de la citoyenneté Motercalonne.