Kezako Motercalo

Ça ne vous fait penser à rien, Motercalo ?

Quartier de Motercalo

May 6, 2010 par TartefouilleM de Motercalo


L'histoire suivante relate un côté burlesque de ce quartier. En effet, Marshmallow, talentueux écrivain à ses heures perdues va créer le personnage de Motercalo, personnage dégingandé sans moustache, personnage inspiré directement de son garde du corps, silhouette qui deviendra familière à certains nostalgiques avec son habit bleu marine, sa chevelure hirsute, ses chaussettes rayées et ses chaussures de tennis, auxquels s'ajoutera assez régulièrement une paire de palme. Motercalo est entré dans notre paysage visuel à bord de sa trotinette pétaradante et n'en sortira plus de ci-tôt.

Dans cette première nouvelle retraçant les vacances de Motercalo dans son quartier, on partage avec cet ami extravagant deux semaines de vacances sur une plage motercalonne proche des égouts, où nous le voyons semer le trouble par ses tribulations maladroites, ses bêtes fantaisies, ses manières d'hurluberlu parmi la clientèle du saloon miteux où il séjourne, avec un irrésistible sourire.

Marshmallow a su saisir le rite des garde du corps et les attitudes burlesques dans la plus grande classe, à l'heure où ce quartier sort de l'ère de la consommation de masse. De cette observation va naître une prose du quotidien profondément idiote, mais servie par une petite liberté d'écriture qui préfigure déjà ce que sera, quelques siècles plus tard, ce quartier de Motercalo. Motercalo, le costaud, le pessimiste, le tueur de crevettes, l'incorrigible séducteur de ces dames affirme son individualité à l'égard d'un quartier dont le conformisme est décapé sans grande méchanceté par des nouvelles inénarrables.
                    
Aux vacances de Motercalo succède la narration des aventures de Motercalo, écrit en crayon de couleurs. Motercalo habite alors un égout tarabiscotée dans la banlieue motercalonne en pleine destruction, envahie de grues et de pétasses dans un bruit presque assourdissant. Célibataire, il est très attaché à son cerveau et va donc éviter de cotoyer la gente féminine. Motercalo doit souvent se  rendre au petit coin et ne se plait pas à devoir passer devant certaines dames. Par un jour inhabituel, celui des semaines vagues de Motercalo, il eut une grande inspiration doté d'une certaines imagination pour les aborder. Pour les demoiselles, c'est tout bonnement l'apparition d'un monstre sacré où l'on s'accorde quelques permissions malsaines et quelques débordements dont on en revient avec les mains sales et les genoux écorchés, au grand dam des chiens herrants.

En ces temps, Motercalo est à l'orée de ce que l'on appellera la cité de la Grande Folle. Aussi,  pour créer un habitat plus conforme aux normes exigées par la vie des citoyens, commence-t-on à raser les têtes insalubres. Au conformisme de la médiocrité s'oppose la prose des demoiselles débraillées, des bulldogs errants et du petit peuple du quartier Motercalo. Du progrès, Motercalo prévoyait en visionnaire effarouché les conséquences déshumanisantes et affirmait par lui-même son inadaptation à une modernité sans honte, dont la jeunesse féminine est la première à souffrir en ces temps. Le narrateur défendait ainsi une belle idée d'un bonheur tranquille, fondé sur des relations harmonieuses et faisait, pour nous en convaincre, exister un  univers conforme au rythme de la citoyenneté Motercalonne.